Une douleur violente au creux de l’estomac, qui irradie dans le dos « comme une barre » et cloue littéralement sur place : la pancréatite aiguë est une urgence médicale. Comprendre ses causes aide à mieux la prévenir.
Le pancréas fait partie des organes pris en charge en chirurgie du foie, de la vésicule et du pancréas au cabinet ADN. Le Dr Perrine Goyer explique ce qu’est une inflammation aiguë de cette glande.
Le pancréas, un organe discret mais essentiel
Situé profondément dans l’abdomen, derrière l’estomac, le pancréas joue un double rôle : il fabrique des enzymes qui aident à digérer les aliments et des hormones qui régulent la glycémie, comme l’insuline. La pancréatite aiguë correspond à une inflammation brutale de cette glande, lorsque ses propres enzymes s’activent au mauvais endroit et « attaquent » le tissu pancréatique.
Deux causes principales
Dans la majorité des cas, deux causes dominent. La première est la migration d’un calcul biliaire qui vient bloquer le canal par lequel s’écoulent les sécrétions du pancréas. La seconde est une consommation d’alcool importante. D’autres causes existent (certains médicaments, un excès de triglycérides, plus rarement une origine génétique), mais elles sont moins fréquentes. Identifier la cause est essentiel, car cela conditionne le traitement et la prévention des récidives.
Reconnaître les symptômes
Le signe caractéristique est une douleur intense de la partie haute de l’abdomen, souvent décrite « en barre », qui irradie vers le dos et s’aggrave après les repas. Elle s’accompagne fréquemment de nausées et de vomissements. Cette douleur ne cède pas spontanément : elle impose une consultation en urgence, car seule une prise en charge hospitalière permet d’évaluer la gravité.
Prise en charge et rôle de la chirurgie
Le diagnostic est confirmé par une prise de sang (dosage d’une enzyme, la lipase) et une imagerie. La plupart des pancréatites aiguës évoluent favorablement avec une hospitalisation, une mise au repos du tube digestif, une hydratation et le traitement de la douleur. La chirurgie n’intervient pas sur le pancréas lui-même à la phase aiguë, mais lorsque la cause est un calcul, l’ablation de la vésicule (cholécystectomie) est ensuite programmée pour éviter une récidive. Les formes sévères nécessitent une surveillance rapprochée.
Peut-on éviter une récidive ? Tout dépend de la cause. Lorsqu’un calcul est responsable, retirer la vésicule supprime l’origine du problème et réduit fortement le risque de nouvelle crise. Lorsque l’alcool est en cause, sa réduction est déterminante. Dans tous les cas, un bilan est réalisé à distance de l’épisode aigu pour préciser l’origine et proposer les mesures adaptées. La pancréatite aiguë, si elle est impressionnante, guérit le plus souvent bien lorsqu’elle est prise en charge à temps et que sa cause est traitée ; c’est la répétition des crises non explorées qui doit être évitée.
Vous avez déjà présenté des douleurs de ce type ou des calculs connus ? Parlez-en au cabinet ADN pour évaluer la conduite à tenir.
